Savoir sur soi : droit de savoir, droit d'ignorer, droit de transmettre à qui ?

Le désir de savoir, tout comme le désir d’ignorer, peut se faire entendre sous diverses formes, à différents moments, chez un même sujet. Il en est de notre responsabilité éthique de reconnaitre le caractère ambivalent et historique du sujet, afin d’accueillir les logiques subjectives à l’oeuvre chez les patients que nous rencontrons.

Par : Julie Lesueur, Psychologue clinicienne, service de clinique génétique et CMRR, CHRU de Lille | Publié le : 02 Octobre 2013

Cette intervention est extraite de la journée scientifique de l'Université d'été, Alzheimer et société 2013, organisée à l'Institut Pasteur de Lille en partenariat avec le Laboratoire d'excellence DISTALZ.

Cela nécessite du temps, un espace pour penser et des paroles pour accompagner. Cela n’est ni quantifiable, ni rentable, ni utile. Les patients nous montrent pourtant à quel point cela est essentiel, puisque nous ne sommes pas des machines froidement rationnelles qui s’autogèrent à partir d’une information traitée. Nous sommes des êtres de langage dont le temps psychique, celui qui ne se lit pas sur l’horloge mais se laisse entrevoir dans la relation à l’autre, est susceptible de se voir bouleversé par le savoir sur soi.