Séminaire "Rendre visible, rendre invisible. Enjeux épistémologies, éthiques et politiques autour de l’imagerie médicale"

Quatre séances, de février à mai 2019, pour interroger les fondements et implications éthique et politique de l'imagerie médicale.

Publié le : 16 Janvier 2019

Le séminaire

L'hypothèse qui guide l’élaboration de ce séminaire est la suivante : l'imagerie médicale, source d'un grand nombre de données et nourrissant l'espoir de nombreuses découvertes, notamment thérapeutiques, est animée par la volonté de rendre visible l’invisible. Un tel projet invite aussi bien à repenser nos façons de produire des savoirs dans le champ étroit de la médecine (séance 1), qu’à ressaisir la nature du raisonnement médical et tout particulièrement le rôle qu’y jouent l’intuition et, plus généralement, les facultés proprement humaines (séance 2). Il s’agira également de voir ce qu’implique pour le patient la possibilité, en partie illusion, de se voir à travers l’imagerie cérébrale principalement (séance 3). Enfin, nous nous interrogerons sur ce que peut dire l’image, autrement dit sur les limites même du visible, ce qui nous conduira à poser la question des usages biopolitiques de l’image (séance 4).
 
Coordination scientifique du séminaire : 
  • Arnaud Cachia, Professeur en neurosciences, Université Paris-Descartes, Programme Imageries du Vivant
  • Léo Coutellec, enseignant-chercheur MCF en éthique et épistémologie des sciences contemporaines, Laboratoire d’excellence DISTALZ, Département de recherche en éthique
  • Jonas Gaillard, consultant, diplômé du Master 2 Éthique, science, santé et société
  • Romain Pommier, radiologue, Société française de radiologie
  • Paul-Loup Weil-Dubuc, chercheur en éthique et philosophie politique, Espace éthique Ile-de-France, Laboratoire d’excellence DISTALZ, Département de recherche en éthique

Informations pratiques

Toutes les séances du séminaire ont lieu, de 18h30 à 20h30, à l'Espace éthique, Hôpital Saint Louis, Porte 9, 1 avenue Claude Vellefaux, 75010 Paris

Programme

Normal et pathologique à l'épreuve des usages contemporains de l'image. Une approche historique et épistémologique

11 février 2019
La production d’images en très grand nombre et de très grande précision ouvre des possibilités sans précédent de déceler des anomalies, parfois de façon inattendue. Ces mutations techniques sont-elles en mesure de déplacer les frontières entre le normal et la pathologique ? Autrement dit, conduisent-elles à considérer comme pathologiques des états autrefois considérés comme normaux ? Plus fondamentalement, nous invitent-elles à repenser l’opposition conceptuelle traditionnelle entre le normal et le pathologique, en faisant naître une troisième catégorie, celle des patients-in-waiting (Timmermans), ni sains ni pathologiques ? Cette séance tentera de situer ces mutations aussi bien dans le temps long que par rapport à une autre mutation technologique tout à la fois parallèles et complémentaire à l’imagerie, le séquençage génomique haut débit.
Arnaud Cachia, Professeur en neurosciences à l'Université Paris-Descartes
Vincent Israël-Jost, Post-doctorant en philosophie des sciences à l'Université catholique Louvain-la-Neuve

Inscriptions
 

L'interprétation de l'image a-t-elle encore besoin d'êtres humains ? Réflexions éthiques sur le raisonnement médical

11 mars 2019

Spécialité médicale réputée technique, l’imagerie médicale joue un rôle important dans l’élaboration des diagnostics d’innombrables maladies touchant le corps humain. Le processus diagnostique radiologique repose sur l’interprétation des images du corps par les radiologues, alliant aux savoirs scientifiques des compétences de synthèse, de recherche hypothético-déductive, voire d’intuition. L’intelligence artificielle et l’algorithmique, en particulier l’apprentissage machine (machine learning), sont désormais capables d’aboutir, à partir d’un entraînement sur des milliers voire des millions d’images, à un diagnostic radiologique de plus en plus fiable. Dès lors, quelle place auront les hommes et les machines dans l’interprétation des images, et de surcroît dans la prise de décision portant sur la santé d’autrui ?
Giulia Anichini, Docteure en anthropologie des techniques, EHESS
Gaspard d'Assignies, Radiologue, coordinateur du travail sur l'IA à la Société Française de Radiologie, co-fondateur de la société Incepto médical
Romain Pommier, Radiologue, coordinateur du travail sur l'IA à la SFR
Inscriptions

Image et identité. L'imagerie cérébrale : vecteur d’essentialisation ou d'émancipation ?

8 avril 2019
L'imagerie médicale est un objet de médiation entre le praticien et le patient. Au-delà d'un degré d'incertitude dans la catégorisation des pathologies, notamment psychiatriques, l'objectivation de la subjectivité peut permettre idéalement une appropriation et en même temps une mise à distance de la maladie participant potentiellement d'une meilleure thérapeutique et d'une plus grande reconnaissance sociale. Mais l’image peut aussi figer, essentialiser l’identité en la capturant dans des catégories préétablies. Dans quelle mesure l'image peut-elle faire soin et quels sont les enjeux identitaires de l'objectivation par l'image ?
Claude Birman,  Professeur de philosophie, enseignant associé au département de recherche en éthique de l'Université Paris-Sud
Jean Naudin, Professeur de psychiatrie à l'Université de la Méditerranée et Chef de service au CHU Sainte-Marguerite à Marseille
Inscriptions

Image et vérité. Faire confiance à l'image ?

20 mai 2019
Dans le domaine médical, l’image se substitue petit à petit à d’autres examens pour justifier des décisions prises, allant jusqu’à remplacer le prélèvement d’une lésion et son analyse au microscope pour le diagnostic formel d’un cancer. Jusqu’à quel point faut-il investir l’image de ce pouvoir de dire la vérité ? Quelles dimensions de l’existence humaine ce pouvoir peut-il concerner ? Lui confiera-t-on la vérification des intentions des criminels, l’évaluation des chances de réussite scolaire ? La question est aussi bien épistémologique que fondamentalement politique.
Peggy Larrieu, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'Université d'Aix-Marseille
Maxime Ronot, Radiologue, MCU, Hôpital Beaujon, AP-HP
Inscriptions